Voyants au vert, organisations plurielles, création de contenus avec les utilisateurs, relations partenariats en progression et diversifiées… des éléments positifs et de nouveaux points d’entrée dans les tiers-lieux de Nouvelle–Aquitaine.Alerte orange sur la tentation de thématiser les lieux au risque de perdre leur diversité.Alerte rouge sur le vent qui porte parfois des intentions dangereuses en voyant dans ces collectifs organisés une manière de gérer la continuité du service public.

La Coopérative des Tiers -Lieux observe tous les ans depuis sa création l’évolution des tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine pour mieux anticiper leurs besoins et orienter les politiques publiques en conséquence dans une logique d’autonomisation des tiers-lieux et de pérennisation des activités proposées par ceux-ci. Elle vise à encourager les tiers-lieux à travailler sur le projet social qui contribuent à l’épanouissement des personnes accueillies et à développer leur rapport quotidien à l’autre au sein de ces nouvelles « entreprises collectives »

Intentions et méthodologie

Tous les chiffres présentés résultent de sondages différenciés et restent de l’ordre du déclaratif. Nous avons cette année fait le choix de vérifier que les promesses communiquées par les tiers-lieux avaient une réalité dans la vie des utilisateurs. C’est pourquoi, afin de confirmer ce que nous avançons avec les tiers-lieux, nous présenterons les retours de 182 utilisateurs sondés anonymement sur la base de 64 tiers-lieux qui ont bien voulu relayer le sondage auprès de leur communauté. Vous trouvez dans les infographies ci-jointes une synthèse des résultats.

Sur la photographie que nous avons faites des tiers-lieux, nos données sont basées sur le retour de 206 tiers-lieux ouverts. Les données des 135 projets de tiers-lieux en cours en Nouvelle-Aquitaine ne sont pas intégrés. Les questions générales pour décrire le plus fidèle-ment possible les tiers-lieux régionaux reprennent les interrogations classiques de la typologie, l’implantation, les activités proposées, l’implication des acteurs, la relation aux collectivités, les compétences, les sources de financements…

Par ailleurs, nous avons souhaité cette année rentrer dans le détail des activités proposées par les tiers-lieux au delà de l’aspect locatif des espaces de travail. En effet, 90% des tiers-lieux mettent à disposition, au delà de des espaces de travail, d’autres offres, plus ou moins organisées et/ou professionnalisées qui constituent leur valeur ajoutée, représentent leur ancrage et leur dynamisme local.

Le sondage s’est orienté uniquement sur l’accompagnement, la formation professionnelle, l’inclusion numérique et l’offre culturelle et artistique qui représentent les plus grands champs d’activités couverts par les tiers-lieux. L’activité d’espace de vie sociale ou de centre social des tiers-lieux n’a pas été interrogée dans le sondage 2019. Cependant, elle le sera l’année prochaine car elle représente 6% des tiers-lieux régionaux.

Sur les activités interrogées, nous avons davantage tenter de déterminer en quoi ces services / propositions :répondaient à des besoins spécifiques sur les zones d’implantation, si les réponses étaient divergentes ou non du milieu rural ou urbain,

  • étaient gérés collectivement, en quoi les utilisateurs pouvaient être parties prenantes de ces nouveaux services de proximité,
  • apportaient de nouvelles réponses à l’existant dans sa forme,
  • leur impact local (publics, typologie et nombre).

Les tiers-lieux régionaux sur leur lancée

De façon générale, les tiers-lieux se portent bien avec une volonté de continuer sur la même lancée à 68% et développer de nouveaux contenus / services au sein du lieu à 38%. L’évolution de leurs implantations est encore très présente avec 32% d’entre eux qui projettent d’agrandir leurs espaces, 13% programment un déménage-ment ou encore 16% pensent à ouvrir un nouveau lieu ou essaimer.

Avec quelques années d’expériences maintenant, les tiers-lieux commencent à se regrouper en réseau local avec quelques exemples à la clé tels que le réseau médocain, le réseau départemental de Charentes Maritimes, Synapses 17, ou encore les creusois avec TéLA. C’est 77 % des tiers-lieux qui aujourd’hui ressentent l’intérêt d’une organisation en réseau local de tiers-lieux ou autour de filières métiers pour 25% des répondants.

Les relations avec les collectivités territoriales se développement également avec une progression à la fois sur l’intensité des relations étudiées et la diversité des institutionnels concernés. Les partenariats s’ouvrent également avec des liens très forts avec des structures de l’économie sociale et solidaire d’une part, à 68%, les acteurs de la culture à 46%, de l’éducation et de la jeunesse à 40% et des acteurs de la solidarité à 29%.

La question de la participation des utilisateurs dans la vie du tiers-lieu est centrale. Selon les tiers-lieux, 94% d’entre eux permettent aux utilisateurs de proposer des projets, quand 43% des utilisateurs affirment organiser réellement des évènements. Entre l’intention et la permission, la mise en pratique est parfois plus délicate et semble être aussi une incitation favorisée par la présence de ressources humaines dédiées à la mobilisation et à la facilitation.

« Professionnels » de la convivialité

Ces nouvelles données vont dans le sens d’une professionnalisation du mouvement avec le recensement de 195 emplois en CDI et 74 CDD et montrent également une forte mobilisation avec plus de 2400 bénévoles à l’œuvre pour faire vivre le quotidien des tiers-lieux. C’est donc un équilibre nouveau à trouver entre la participation citoyenne et les ressources salariées, c’est le gap classique de la professionnalisation qui amène de nouveaux questionnements sur la manière de fonctionner sans perdre l’élan collectif.

Tous les postes ne sont pas liés à l’animation et la gestion de la communauté même si l’on dénombre 56% de facilitateurs et 48% chargé.es d’animation en exercice. Médiateur.e numérique, fabmanager, animateur.rice cuisine, animateur.rice jardin, libraire et éducateurs.rices sont aussi des métiers identifiés au sein des tiers-lieux et correspondent aux activités proposées. L’assistant.e administratif ou le chargé.e de communication n’est pas en reste avec un taux non négligeable d’employabilité. La Coopérative des Tiers-Lieux s’est rapprochée du CNEA (Convention Collective de l’animation) pour sécuriser les parcours des personnes employées dans les tiers-lieux.

Les utilisateurs confirment la tendance avec un taux de 82% d’entre eux qui jugent l’accueil excellent et qui estiment que leur fréquentation dans un tiers-lieu leur a permis d’abord d’élargir leur réseau amical pour 70% des répondants, améliorer leur qualité de vie au travail pour 64% d’entre eux. Juste après, 58% des utilisateurs considèrent avoir développé leur réseau professionnel. C’est d’abord la convivialité et le partage que les utilisateurs mettent en avant dans leurs retours.

Les grands axes de travail de la Coopérative des Tiers-Lieux en Région Nouvelle-Aquitaine pour un maillage territorial équitable et la pérennisation des implantations sont de :

  • favoriser l’ouverture, la mixité et l’accueil de la diversité dans les tiers -lieux,
  • éviter le risque de dévoiement des tiers-lieux,
  • sécuriser les parcours des personnes œuvrant quotidiennement,
  • développer les contenus / services avec les tiers-lieux.