Cet article fait partie d’une série de restitutions proposées dans le cadre du projet Art & Ergonomie dont voici un court descriptif. La Coopérative Tiers-Lieux et Consortium Coopérative souhaitent enrichir les principes de gestion et de conception d’un tiers-lieu en y intégrant une réflexion pluridisciplinaire sur les conditions de travail pour l’ensemble des acteurs (utilisateurs, sociétaires, facilitateurs). Une équipe associant Oxalis Ergonomie & Ingénierie et Anne Moirier artiste plasticienne va intervenir de janvier à juin 2019 dans 3 tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine : Le Quartier Génial à Floirac (33), Les Usines à Ligugé (86) et Le Temps de Vivre à Aixe-sur-Vienne (87). Pour aller plus loin, retrouver toutes les informations sur le contexte de ce projet : https://coop.tierslieux.net/1-explorer-le-travail-autrement


Du mardi 11 au 14 juin 2019​, nous avons proposé aux personnes des Usines de réaliser des mises en situation individuelles en lien avec le collectif des Usines pour constituer Les Archives du Présent. L’objectif était de trouver une forme pour renforcer et ancrer le collectif présent et à venir au travers des diversités individuelles qu’il rassemble. Pour cela chacun était invité à créer à partir de son point de vue, de son histoire et/ou de son activité, une mise en situation qui donne à voir les Usines singulièrement. Une manière de parler de soi dans le lieu et de le partager. Cette collection de regards a permis de créer une première empreinte de l’identité actuelle des Usines. 13 personnes ont participé et 9 mises en situations furent réalisées :

Les archivistes 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sténopé des Usines – Tita, Marie et Manue – 11/06/2019

Réalisation de sténopés par trois artistes de Consortium Coopérative sur le site des Usines.

« Intérêt graphique et visuel pour les Usines. Sténopé, moyen de production qui ne nécessite pas d‘atelier. Le printemps est propice avec la lumière et la végétation. Envie de faire un projet à 3. Collectif en recherche d‘espace de travail. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecture publique – Aurélien – 12/06/19

Lecture d’un passage du chapitre Le pain, soutien de la vie du livre de Henry Miller « Souvenir, souvenirs » par Aurélien, boulanger.

« Le pain, soutien de la vie. Critique spontanée d’actualité, ce texte possède une énergie particulière. Le souvenir d’un passage lu 6 mois avant ma formation de boulanger. Les Usines, un lieu en réponse constructive face à ce type de critique. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Empreinte carbone – David – 13/06/19

Exposition d’un mémoire de recherche « L’art d’accompagner socialement et professionnellement des artistes en Coopérative d’Activité et d’Emploi » rédigé en 2019 par David, salarié à Consortium Coopérative.

« Cet écrit est parti d’ici et a cheminé en moi. Les Usines sont propices au changement, à la réflexion et à la liberté de penser. Communiquer mon écrit. Le partager. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Projet de sculpture – Hugues et Olivier – 12/06/19

Projet d’une sculpture en métal par Hugues et Olivier, forgerons aux Usines, qui associe des tiges tressées et des bobines inspirées de celles utilisées au temps de la Filature.

« Être ici et être ensemble. Envie de partager ce qu’on sait faire. Être en lien avec l’histoire de la Filature. Représenter le temps. Utiliser des bobines d’époque. La spirale représente l’infini à l‘inverse du fil qui a une fin. On fait un support de base qui pourra évoluer avec l’apport de toutes les personnes des Usines. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontres impromptues – Julie – 13/06/19

Parcours d’1h30 de Julie, salariée à Consortium Coopérative, pour aller à la rencontre des entrepreneurs résidents dans leurs ateliers aux Usines. Chaque personne rencontrée lui a laissé un objet souvenir.

« Sortir de mon quotidien en allant à la rencontre des autres sans objectifs. Cela permet de mieux connaître les gens à proximité, de s‘avancer vers eux. Des rencontres à faire plus souvent, que je ne prends jamais le temps de faire. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Lyre végétale – Denis – 13/06/19

Projet de mise en valeur d’une lyre datant de l’époque de la Filature et encore présente sur le site par Denis, salarié de l’association AY128 chargé de la médiation scientifique et culturelle.

« Attirer l’oeil sur la Lyre. Tirer des filins depuis les tuyaux pour y faire pousser du houblon. Lien avec la brasserie des pirates située à côté. La Lyre, Curiosité mécanique et esthétique industrielle. Objet rare à voir. La mettre en valeur par un aménagement végétal. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aménagement végétal de l’accueil – Christophe – 13/06/19

Plantation d’une glycine devant le bâtiment de l’accueil des Usines par Christophe, cultivateur de plantes médicinales.

« Partager le site des Usines avec la nature par un aménagement végétal contrôlé. Planter une glycine devant l’accueil car c‘est une plante généralement mise sur les perrons, les porches, qui finit par faire partie du décor, et apporte un côté accueillant et doux. Elle donnera un aspect familial à l’accueil. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Correspondances – Pauline – 14/06/19

Réalisation d’une installation composée d’étiquettes en bois découpées au laser (Découpe laser réalisée par Marcoleptic) sur lesquelles figurent les mots les plus utilisés par Pauline dans son travail entre janvier et juin 2019 (ex : Bonne journée x173). Les étiquettes ont été suspendues dans un petit arbre accolé à la “Chapelle”. Pauline est salariée à Consortium Coopérative et est chargée de la communication.

« Poésie fonctionnelle. Mots écrits que j’utilise le plus dans mon travail. Mon activité consiste à transmettre une info et poser des questions. Enlever les mots de leur contexte et en faire des objets. Le mot plage est celui que j’utilise le plus. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Travaux dunaires – Christine – 14/06/19

Écriture d’un poème au crayon sur une pierre du bâtiment de l’accueil par Christine, une des fondatrices du projet des Usines. Poème qu’elle a écrit et qui retranscrit les enjeux du projet des Usines et ses idéaux.

« Exercice d’écriture partagé. Quelle posture dans la communauté lorsqu’on fait parti de notre propre décor ? Qu’est-ce que je cultive symboliquement en créant des espaces tiers ? Sortir de l’emprise physique du lieu pour aller vers la zone du vivant. Trouver une énergie légère pour construire collectivement. »


Ce travail porté sur des actions individuelles a pu mettre en évidence la diversité des regards et des activités. Cela a été une manière d’isoler l’individu du collectif existant pour alimenter les réflexions partagées et initier l’émergence d’une culture d’usage du lieu visible sur les manières de faire de chacun. C’est un point d’ancrage fort dans la constitution d’un collectif d’usage. Ce travail se structure pour se poursuivre dans le temps et se réitérer avec ceux qui n’ont pas pu participer et ceux qui intégreront le collectif dans l’avenir.